Le projet
Bintou Dembélé engage un projet d’écriture intime, artistique et politique, pensé comme un geste de transmission. À l’aube de ses 50 ans, la chorégraphe et danseuse saisit l’écriture comme une nouvelle forme d’incarnation : un espace où se déposent la mémoire du corps, les traces de la scène, les héritages traversés et les futurs encore en mouvement.
Ce livre retrace la naissance d’une pensée chorégraphique singulière, nourrie par la culture hip-hop, les pratiques marronnes, les mémoires coloniales et les dialogues entre danse, musique et voix. Il revient également sur l’aventure historique de Les Indes Galantes, œuvre majeure portée avec Clément Cogitore et Leonardo García Alarcón, qui a marqué un tournant dans la reconnaissance des corps issus des cultures urbaines sur les grandes scènes institutionnelles.
Publié avec Zamân Books & Curating, maison engagée dans l’étude des modernités arabes, africaines et asiatiques, le projet s’inscrit dans une démarche transnationale et postcoloniale. En choisissant cet accompagnement éditorial, Bintou Dembélé affirme la cohérence d’un parcours artistique au long cours, où le geste, la parole et l’écrit deviennent les lieux d’une même recherche : transmettre, relier, déplacer les récits dominants.
Pensé comme un livre-rituel, Le Livre mêle récit de vie, manifeste artistique, réflexion chorégraphique et archive sensible. Il donne à lire l’avant, le pendant et le devenir d’une artiste qui n’a cessé d’interroger la relation entre le corps, l’âme et l’esprit, en faisant de la scène un espace de réparation, de résistance et de puissance collective.
Par son soutien, le Fonds de dotation Francis Kurkdjian accompagne Bintou Dembélé dans un geste essentiel de transmission, à la croisée de l’écriture, de la danse et de la mémoire. Il contribue à faire émerger une parole artistique forte, habitée par les héritages invisibilisés, les récits marrons et la puissance des corps en mouvement.
Bintou Dembélé est une chorégraphe, directrice artistique et danseuse qui se définit « d’origine hip-hop ». C’est à travers cette culture de la rue et de l’image qu’elle s’est inventée un langage singulier depuis ses débuts en France (1985). À travers ses pièces les plus récentes, elle aborde notamment le fait colonial, la notion de rite et le marronnage avec la collaboration d’autres artistes et chercheurs.